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TPE/PME : 6 conseils pour faire face à l'impact économique du COVID-19

Posté le : 17/03/2020

De nombreuses TPE-PME et ETI vont se retrouver en situation délicate. Pour limiter autant que possible l’impact du Coronavirus sur les entreprises, des mesures sont à prendre immédiatement.

Pierre Dutaret, ancien banquier, désormais co-fondateur et CEO de la Fintech Libeo, plateforme de gestion de factures, propose les mesures suivantes pour protéger au mieux son entreprise et anticiper les difficultés.

1 - Faites un plan de trésorerie dégradé à 6 mois Commerçants, dirigeants de TPE et PME, vous devez tout d’abord avoir une vision claire de vos finances. L’objectif est double : savoir où vous en êtes, et avoir un prévisionnel qui va vous permettre de mettre en place efficacement les mesures qui s’imposent avec votre centre des impôts, les URSSAF, votre banquier et vos fournisseurs.

Voici la marche à suivre :

Faites la liste des dettes fournisseurs (les factures à payer) et soyez exhaustifs;

Regardez les dépenses que vous allez devoir supporter durant les 6 mois à venir : Charges de personnel : des aides sont prévues (voir ci-dessous) mais l’entreprise devra tout de même payer les salaires ; Loyer, abonnements indispensables ; Reliquat des charges d’emprunt bancaire ou BPI.

Prévoyez une marge de manoeuvre de 15% en cas d’imprévu ;

Regardez l’impact de ces décaissements sur votre trésorerie existante. La différence entre ce que vous devez payer durant les 6 mois à venir et votre trésorerie actuelle doit être à tout prix financée. En réalisant un plan de trésorerie minutieux, vous pourrez anticiper toutes les sommes à sortir. Vous saurez également de quelles aides vous avez besoin. Les organismes vont crouler sous les demandes : si vous êtes efficaces dans les échanges, ils vous en seront reconnaissants.

2 - Décalez les impôts, cotisations URSSAF et autres prélèvements Suivant l’annonce du Président Emmanuel Macron le 12 mars 2020, les réseaux des URSSAF et des services des impôts des entreprises ont déclenché des mesures exceptionnelles pour accompagner les entreprises. N’attendez pas d’être en difficulté pour les activer. Décalez le paiement de vos impôts : Pour les entreprises (ou les experts-comptables qui interviennent pour leurs clients), il est possible de demander au service des impôts le report sans pénalité du règlement des prochaines échéances d'impôts directs (acompte d'impôt sur les sociétés, taxe sur les salaires). La demande doit être xd adressée par le dirigeant au Centre des Finances Publiques.

Décalez vos cotisations URSSAF : Les employeurs dont la date d’échéance URSSAF intervient le 15 du mois peuvent reporter tout ou partie du paiement de leurs cotisations salariales et patronales pour l’échéance du 15 mars 2020. La date de paiement pourra être reportée jusqu’à 3 mois.

Consultez les démarches à suivre ici. Pour les employeurs dont la date d’échéance intervient le 5 du mois, des informations leur seront communiquées ultérieurement, en vue de l’échéance du 5 avril 2020.

3 - Mettez votre personnel en activité partielle Afin d’aider les TPE et PME, le gouvernement a annoncé que les entreprises pourront recourir à l’activité partielle, appelée “chômage partiel” ou “chômage technique”, pour tous ceux qui ne peuvent pas télétravailler.

Les salariés placés en chômage partiel percevront une indemnité compensatrice versée par leur employeur correspondant au minimum à 70 % de la rémunération brute, soit environ 84% du salaire net horaire. Pour aider les entreprises, l’employeur bénéficie d’une allocation forfaitaire co-financée par l’Etat et l’Unédic de 8,04 euros pour les entreprises de 1 à 250 salariés et de 7,23 euros pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Les demandes doivent être déposées sur le portail dédié avant le placement effectif des salariés en activité partielle. Exceptionnellement, les employeurs peuvent déposer leurs demandes dans un délai raisonnable après le début de la période demandée. Le Gouvernement a donné instruction de traiter prioritairement les demandes liées au COVID-19 et vise un délai de réponse de 48 heures étant donné l’urgence de la situation. N’attendez pas pour déposer vos demandes pour ne pas pénaliser vos employés. Mentionnez bien la circonstance “Coronavirus” dans votre dossier et pensez à demander la suspension du paiement des charges sociales.

4 - Contactez votre banquier pour négocier vos échéances : Le gouvernement a prévu de soutenir les TPE et PME. Contactez votre banquier au plus vite pour rééchelonner les échéances de vos crédits en cours et négocier des reports sans pénalité. Tout ce qui peut vous donner de la marge de manœuvre doit être mis en place. Voici quelques exemples : Négociez de nouvelles lignes de crédit court terme pour faire face aux salaires et aux paiements obligatoires; Transformez les lignes de crédit court terme en prêt à moyen terme, pouvant aller de 2 à 7 ans; Demandez une suspension pouvant atteindre 6 mois des échéances de vos emprunts. Il est possible que la banque refuse de stopper le versement des intérêts, mais le principal représente la majeure partie des emprunts. Par ailleurs, la banque publique d’investissement Bpifrance a annoncé le renforcement de son plan de soutien d’urgence aux entreprises à partir de ce lundi 16 mars. Parmi les mesures d’aide : En partenariat avec les banques et les régions, ce plan va fournir des liquidités aux sociétés en difficulté quelle que soit leur taille, sans garantie ni caution personnelle. Les prêts iront de 3 à 5 ans et de 10 000 à 10 millions d’euros pour les PME, et jusqu’à plusieurs dizaines de millions d’euros pour les ETI. Bpifrance se propose également de garantir les prêts souscrits auprès des banques à hauteur de 70% pour toutes les entreprises et jusqu'à 90% pour les entreprises des secteurs les plus touchés. Cette garantie de 90% s’étendra au découvert bancaire de 12 à 18 mois. Bpifrance a mis en place un numéro vert 09 69 37 02 40 pour les entreprises. Consultez les aides proposées ici.

5 - Contactez votre bailleur et priorisez les factures à payer La semaine dernière, Bruno Le Maire, le Ministre de l’Economie et des Finances, invitait les bailleurs à « faire preuve de compréhension dans leurs loyers vis-à-vis de tous les commerçants ». De leurs côtés, les 5 grandes fédérations du Commerce ont également appelé les bailleurs à diminuer les loyers et assouplir les modalités de paiement pendant cette période crise. N’attendez donc pas d’être dans le rouge pour demander des reports d’échéance à votre bailleur, prenez les devants : Contactez votre bailleur par téléphone, suivi d’un courrier ou email, pour lui demander le décalage des échéances de votre loyer, d’un ou deux mois selon ses capacités ; S’il est lui-même redevable d’un crédit pour les murs et/ou le fonds de commerce, il peut à son tour contacter son établissement bancaire et négocier un report de ces échéances de crédit. Parmi vos factures à payer, priorisez autant que possible les artisans et les fournisseurs déjà fragilisés par les grèves de fin d’année : ils ont besoin de vous. Dans tous les cas, anticipez les difficultés en prenant tout de suite contact avec Le Médiateur des entreprises, qui vient en aide aux Artisans, TPE, PME et ETI afin de résoudre gratuitement les éventuels litiges. Contactez le médiateur des entreprises ici. Le gouvernement a également mis en place des centres d’appels dédiés par région.

6 - Protégez vos finances personnelles Enfin, n’oublions pas que les dirigeants sont mis à risque au niveau personnel en période de crise. En plus des mesures de protections pour votre entreprise, ne vous oubliez pas totalement : Continuez de vous verser votre salaire ou vos honoraires pour l’instant ; Négociez des échéances de prêt sur vos emprunts personnels. L’objectif prioritaire est de maintenir les emplois. Les entreprises ont besoin de dirigeants en bonne santé morale et financière ! Les mesures listées ci-dessous peuvent amenées à être modifiées par les différents organismes et l’Etat. Tenez-vous informés des mises à jour et nouvelles mesures d’aides.