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Plan d’épargne retraite : le décollage d’un produit devenu indispensable

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Plus de 12 millions de Français détiennent désormais un PER, pour un encours supérieur à 130 milliards d’euros. Porté par l’angoisse du niveau de vie à la retraite, par un avantage fiscal attractif et par un basculement culturel chez les jeunes générations, le produit né de la loi PACTE connaît une ascension spectaculaire qui transforme le paysage de l’épargne longue.
 

L’angoisse de la retraite, carburant d’un succès fulgurant
Le Cercle de l’Épargne, dans sa note n° 140 publiée en février 2026, désigne le décollage du Plan d’Épargne Retraite (PER) comme « le phénomène le plus marquant de ces dernières années » dans le domaine de l’épargne. Créé en 2019 par la loi PACTE en remplacement d’une kyrielle de dispositifs anciens (PERP, Madelin, PERCO, article 83), le PER a rapidement trouvé son public. En quelques années, il s’est imposé comme un pilier incontournable de l’épargne longue : plus de 12 millions de Français en détiennent au moins un, individuel ou collectif, pour un encours dépassant 130 milliards d’euros.
 

Le moteur de cette croissance est limpide : l’inquiétude face à la retraite. Plus de 70 % des actifs estiment que leurs futures pensions ne leur permettront pas de vivre correctement, selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne. Plus d’un Français sur deux déclare épargner spécifiquement pour sa retraite. Dans un pays où le système par répartition fait face à des défis démographiques et budgétaires considérables, le recours à l’épargne individuelle apparaît désormais comme un complément incontournable.
 

Le PER est particulièrement prisé chez les indépendants, pour qui il compense la faiblesse relative de la retraite par répartition, et chez les cadres, soucieux de maintenir leur niveau de vie et disposant de la capacité financière pour immobiliser une épargne de long terme. L’avantage fiscal à l’entrée — déductibilité des versements du revenu imposable — constitue un puissant levier d’attractivité, en particulier pour les contribuables les plus fortement imposés. La simplification apportée par la loi PACTE, qui a unifié l’ensemble des anciens produits d’épargne retraite sous un même cadre juridique, a également joué un rôle déterminant dans l’adoption massive du PER. Fini le maquis des dispositifs : le PER offre une lisibilité et une souplesse qui faisaient défaut à ses prédécesseurs, avec la possibilité de sortir en capital ou en rente au moment de la retraite.
 

Un basculement culturel majeur chez les jeunes générations
Le fait le plus saillant révélé par la note du Cercle de l’Épargne est peut-être le changement de mentalité des jeunes générations face à l’épargne retraite. Selon l’enquête 2025, 62 % des Français estiment qu’il convient de commencer à épargner pour la retraite avant 35 ans, et 54 % des 18-25 ans jugent nécessaire de s’y mettre avant 30 ans. La capitalisation, longtemps perçue avec méfiance dans un pays historiquement attaché au système par répartition, est désormais acceptée comme une nécessité par les plus jeunes. Le Cercle parle à juste titre d’un « basculement culturel majeur ».
 

D’un point de vue macroéconomique, ce mouvement est profondément structurant. Il transforme une part croissante de l’épargne des ménages en épargne longue, cette ressource dont l’économie productive a cruellement besoin. 

 

À l’heure où la France cherche à financer sa réindustrialisation, sa transition énergétique et ses besoins croissants en matière de défense, le PER pourrait bien devenir un instrument clé de l’orientation de l’épargne nationale vers le financement de long terme. 

 

Encore faut-il que les pouvoirs publics résistent à la tentation de modifier les règles du jeu fiscal en cours de route : la confiance des épargnants dans la stabilité du cadre réglementaire est la condition sine qua non du succès durable de ce produit d’avenir. L’expérience passée montre que chaque changement de règle en matière d’épargne retraite provoque un gel temporaire des versements et une perte de confiance difficile à restaurer. Le PER ne tiendra ses promesses que dans un cadre fiscal stable et prévisible.